Leo Sawaki Illustrateur et un singe venimeux

3 Déc, 21

ll y a longtemps, aux débuts lointains de la bataille en cours entre la langue japonaise et le moine de bar, celui-ci lisait parfois, avec un dictionnaire papier, des articles plutôt faciles extraits des quotidiens sportifs.

I

 Ceux-ci ont l’avantage d’être illustrés, et notre lecteur avait noté la présence d’un dessinateur au style très personnel, un pointillisme d’une grande dextérité, mais qui restait expressif. Il l’avait d’ailleurs retrouvé dans des magazines à la réputation sulfureuse et au contenu à ne pas mettre entre toutes les mains…

 

Il signait Leo Sawaki レオ澤鬼.

Puis le temps passa…

 

Fast forward, comme on disait au temps des cassettes…depuis plusieurs mois, nous préparons la publication prochaine du second tome des aventures du Requin de Shinjuku, le détective Samejima, probablement le personnage le plus célèbre d’Arimasa Ōsawa, un des plus grands auteurs de romans policiers et de hard-boiled du Japon. Le titre d’origine, que Jacques Lalloz le traducteur a conservé, est Dokuzaru, Le Singe venimeux. En l’occurence un tueur d’une efficacité redoutable envoyé par une organisation de Taiwan pour « nettoyer » une certaine situation…

Et un jour fouillant dans des cartons de livres, il en a beaucoup, le moine de bar tomba sur une collection du Requin de Shinjuku datant des années de la première édition.

 

Et il nota la présence de petites vignettes en tête de chapitre

 C’est alors qu’il eut la mauvaise idée de vouloir introduire ces vignettes dans l’édition française du Singe Venimeux. Une mauvaise idée parce ce que les choses ne sont jamais simples et que cela testa la patience pourtant légendaire d’un agent littéraire à Tokyo, parce qu’un employé d’une maison d’édition japonaise a probablement quelque part une statuette vaudou percée d’aiguilles à l’effigie du moine de bar, et qu’il a fallut déranger l’écrivain Arimasa Ōsawa que nous remercions ici pour sa compréhension.

Mais tout d’abord, il fallut déterminer l’artiste car plus personne ne savait qui avait dessiné ces vignettes.

Mais un soir tard, aidé par un fonds de Yamazaki 25 ans, le moine de bar se dit que ces dessins vaguement pointillés lui rappelait quelque chose.

Cela lui rappelait Leo Sawaki…

Malheureusement celui-ci nous a quitté en 2019. Trouver ses ayants-droits ne fut pas chose simple, mais l’histoire, hormis la triste disparition de l’artiste, se finit finalement bien, le Singe Venimeux aura ses vignettes lors de sa parution en janvier 2022.

 Si après le passage de Mlle Corona vous allez à Tokyo, le Studio Alta est toujours là, point  de rendez-vous incontournable à la sortie Est de la gare de Shinjuku. Les photographes auront noté par contre que Konica ne fait plus maintenant que des machines d’impression numérique sous le nom Konica-Minolta, leurs appareils photographiques ayant été absorbés par Sony…

Le Singe Venimeux d’Arimasa Ōsawa, illustrations de Leo Sawaki, traduction de Jacques Lalloz. Parution en janvier 2022 chez Atelier Akatombo.

 

Auteur

Le moine de bar a passé plus de la moitié de sa vie en Asie. Il est dorénavant éditeur-fondateur, et parfois traducteur, d'Atelier Akatombo.

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